Terra-Park de Chistopher Stork

On ne peut vivre sans un souffle de philosophie. Cela dit, même la plus belle des pensées reste furtive et s’évanouie sitôt qu’elle n’est pas nourrie ou fixée. Pour ma part j’espère bien vaincre le Kaedium Vitae dont parle Christopher Stork dans Terra Park, mais aussi le désordre des opinions.

La mémoire est faillible et une simple variation d’émotion suffit à inverser notre pensée, elle perce notre barrière mentale en se glissant dans ses nombreuses fissures.

Le roman Terra-Park de Chistopher Stork,  Stéphane Jourat de son vrai non, n’a rien d’exaltant dans l’enchaînement des actions, mais il faut l’admettre, le sujet s’avère bien originale.

L’histoire

Des extraterrestres, vraisemblablement des programmes informatiques, viennent sur Terre pour… se détendre. Oui oui ! pour se détendre ! Ils se désaltèrent de notre désordre, et pour mieux en profiter ils l’organisent, ils contribuent à la créer en bousculant notre société. Le héro découvre la notion d’individu, lui qui n’a jamais existé qu’au travers d’un groupe, il découvre aussi la notion de plaisir. Ce qu’l appréciait au début, il finit par en être la victime, il subis la puissance des sentiments et enfin tombe amoureux d’une humaine et de sa douce musique.

«Un groupe d’extra-terrestres effectue sur la Terre un étrange voyage à la recherche de ce qu’ils nomment le Plaisir.
Gôr, celui d’entre eux qui tient le « journal de bord » de ce voyage, éprouve quelques difficultés à s’adapter à la race des hommes et à son désordre. Car il vient, lui, d’une planète où règne l’ordre absolu.
Peu à peu, Gôr en viendra à s’attacher à cette espèce déconcertante. L’amour l’y aidera, l’amour de la musique d’abord, et aussi celui d’une Terrestre.
Puis Gôr découvrira de quoi est fait le Plaisir qu’il est venu chercher sur la Terre et cette découverte l’amènera à se ranger aux côtés des hommes dans leur lutte contre le désordre.
Mais, les hommes étant imprévisibles même pour un extra-terrestre, cette lutte ne se terminera pas comme Gôr l’aurait peut-être souhaité… »
Résumé en quatrième de couverture.

 

Cette lecture nous laisse entrevoir une humanité sous un nouveau spectre. Le paradoxe de l’ordre et du désordre est au cœur de l’ouvrage. Le héro vient s’abreuver de désordre sur Terre, il l’apprécie mais décide de le combattre, il parvient même à le vaincre en se rebellant contre son propre peuple. Il démantèle un véritable réseau digne des plus folles théories conspirationnistes, mais du nouvel ordre par lui installé, naît une nouvelle aberration. Enfin, il se retrouve chassé et finit par se lasser du désordre.
J’essai de rester suffisamment énigmatique pour ne pas trop en révéler sur l’intrigue de cette histoire.

Rien de très originalité dans le premier tiers de l’oeuvre si l’on en croit la critique de Denis GUIOT (voir la critique), mais l’accent sur la jeunesse en légitime défense face à l’ordre établi serait l’élan de nouveauté de l’ouvrage. Pourtant, la jeunesse opposée à l’ordre imposé ce n’est rien de plus que la description d’un phénomène constant de société depuis la révolution française, c’est l’idée même du progressisme.

Ce qu’il faut retenir

Les hommes vivent de sentiments, des illusions chaotiques qui disparaissent aussi vite qu’ils se manifestent.

« Les terrestres s’enchantent de mots et de sons qui, par la rêverie qu’ils suscitent, masquent la consternante platitude de leur quotidien. »

Extrait du roman, pages 216 à 217.

Notre plus grande force est le sentiment, dont le plus intense est l’amour ; en particulier l’amour de soi qui fonde l’individualisme, source du désordre qui nous nourrit.

Informations techniques

Genre : science-fiction
Edition : Fleuve noir – 1980
Collection : Anticipation
Illustration : Young Artists VLOO
224 pages
ISBN : 2-265-01276-9

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